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40 ans d’une légende de l’horreur...

le Dim 28 Sep 2014 - 8:02
“Massacre à la tronçonneuse” : 40 ans d’une légende de l’horreur


A quelques semaines de sa ressortie en salles, le Grand Rex programme ce soir en avant-première “Massacre à la tronçonneuse” dans sa version restaurée. Retour avec son auteur Tobe Hooper sur ce film mythique du cinéma d’horreur américain.
Après la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en mai, et le Festival européen du film fantastique de Strasbourg la semaine dernière, Tobe Hooper poursuit ce soir sa tournée française dans la salle du Grand Rex à Paris. A 71 ans passés, le cinéaste texan ne vient pas promouvoir un nouveau projet, mais accompagne la ressortie de son second film, Massacre à la tronçonneuse, dont on célèbre cette année le quarantième anniversaire, et qui bénéficie pour l’occasion d’une restauration éclatante.

“C’est une expérience merveilleuse, le film est comme réinventé, exulte Tobe Hooper, qui a lui-même supervisé le lifting de son chef-d’œuvre. Nous avons tenu à respecter la copie originale : il fallait garder sa tonalité visuelle, ses couleurs, son atmosphère sensitive, le rendu abîmé et sale du 16 mm. Et en même temps la restauration permet d’atteindre plus de profondeur, d’avoir plus de nuances et de détails dans l’image, tandis que le nouveau mix rend les effets sonores encore plus tonitruants : tu as l’impression que la musique est autour de toi, au-dessus de toi, en toi. J’en suis très fier, j’ai le sentiment de montrer un nouveau film au public, et non pas une de ces vieilleries que l’on présente dans les rétrospectives.”

L’idée germe au rayon trançonneuses

Tobe Hooper exagère à peine son enthousiasme : depuis quarante ans, le réalisateur est resté fidèle à Massacre à la tronçonneuse, son premier et unique coup de maître, qui l’a inscrit dans le panthéon du cinéma horrifique. Sans rancœur ni lassitude, il en parle à chaque sollicitation avec la même passion, et continue d’entretenir la mémoire de ce film mythique dont l’écho morbide se diffuse de génération en génération.

Il se souvient ainsi comme si c’était hier de ce petit matin, au début des années 1970 où, traînant dans un centre commercial, il tomba sur le rayon tronçonneuses et eut une illumination:

“J’avais déjà tout le film en tête : je voyais une bande de jeunes isolés dans une forêt, j’imaginais une maison, j’entendais le bruit de la machine, je pensais à un homme soulevant une tronçonneuse.»

La suite de l’histoire appartient à la légende : un tournage épique dans la campagne du Texas, des acteurs prêts à basculer dans la folie, des carcasses d’animaux morts envahissant le plateau. Et une polémique en marche : présenté à Cannes dans une ambiance houleuse en 1975, le film s’attire les foudres des comités de censure partout où il passe et gagne vite ses galons d’œuvre scandaleuse, infréquentable…

Entre le documentaire halluciné et la farce grotesque, Massacre à la tronçonneuse saisit une Amérique post-Vietnam décadente, et fait entrer le cinéma d’horreur dans son âge moderne, celui du réalisme crade et de la contestation politique. “Jusque dans les années 70, les films d’horreur étaient peuplés de créatures bizarres, de monstres surnaturels ou d’extra-terrestres, se souvient le réalisateur. Mais je ne croyais plus à cet imaginaire, pour moi les pires monstres que l’on pouvait filmer étaient humains. J’ai donc inventé ce personnage de Leatherface, cet homme banal dissimulé derrière un masque de chair, et j’ai inscrit l’horreur dans un environnement plus rationnel.”

La décadence du “torture porn”

Après cette première inspiration, qui réinventa les codes du genre, Tobe Hooper continua avec plus ou moins de succès sa carrière, alternant les films mineurs et réussite contestée (Poltergeist, dont une rumeur lui refusa la paternité), tandis qu’il voyait son héritage pillé par Hollywood. “Massacre à la tronçonneuse a été suivi par une mode de films avec des tueurs masqués qu’on a appelés les slashers. Mais il n’y avait plus d’ambition artistique dans ces films, où seule comptait la violence graphique, les meurtres. Le cinéma d’horreur a sacrifié les personnages, la psychologie, pour devenir un simple divertissement gore dont le Torture porn (une vague de films ultra-violents initiée par Saw en 2004, ndlr) incarne la version la plus radicale.”

Sans pour autant jouer les redresseurs de torts, Tobe Hooper ne peut s’empêcher un souffle de dépit lorsqu’on l’interroge sur l’état actuel de ses héritiers du cinéma d’horreur. Il ne voit que des “produits d’exploitation” et regrette l’absence de conscience politique d’un genre qui, sous l’influence de francs-tireurs des seventies (Wes Craven, George A. Romeo, John Carpenter), occupa à une époque la pointe de la contestation.

“J’observe partout où je passe que les spectateurs sont en demande d’un renouveau, qu’ils veulent un cinéma d’horreur en prise avec son époque, avec ses conflits. Mais les studios semblent l’ignorer, par peur du risque certainement.”

Repoussé à la marge de l’industrie hollywoodienne, Tobe Hooper n’a pu tourner que trois films fauchés ces dix dernières années (dont le sympathique Toolbox Murders) mais refuse de baisser les bras : il devrait rentrer en tournage d’un nouveau projet l’année prochaine et il se murmure qu’il pourrait même s’associer au danois Nicolas Winding Refn (Drive), fan de la première heure.

En attendant, il ronge son frein et observe d’un œil distant la vague de remakes et prequels de son Massacre à la tronçonneuse lancée avec succès depuis quelques années par la compagnie de Michael Bay. Une série de déclinaisons bâclées et opportunistes, sur lesquelles il n’a été crédité que du titre de producteur exécutif, et qu’il expédie en un commentaire, tranchant : “Le seul truc que je retiens de ces remakes, ce sont les deux plans en contre-plongée sur le cul de Jessica Biel.”

Source: http://www.lesinrocks.com/
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Re: 40 ans d’une légende de l’horreur...

le Dim 28 Sep 2014 - 10:15
Je ne me souviens pas/plus des premiers. Cette série est un mythe.
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Re: 40 ans d’une légende de l’horreur...

le Dim 28 Sep 2014 - 11:21
Ejayremy a écrit:Je ne me souviens pas/plus des premiers. Cette série est un mythe.

Il faut donc en profiter, il l'ont remasterisé et il ressort au cinéma en octobre !!
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